Tribune de Vincennes à gauche

 

Un curieux début de mandat

Après une élection municipale dont le 1er tour, le 15 mars dernier, il y a plus de trois mois, a été très controversé mais a permis, à Vincennes, d’élire un nouveau conseil municipal, nous sommes entrés dans une période inédite, où la municipalité ne pouvant être installée, il a fallu attendre le 27 mai pour qu’enfin le conseil municipal désigne un maire.

Cette réunion s’est tenue sans public, à huis clos ainsi que celle du 10 juin dernier.

Cette situation est unique dans l’histoire du conseil municipal de notre commune comme pour l’ensemble de notre pays.

Concernant l’école, la situation est tout aussi exceptionnelle : après deux mois de confinement, les enfants scolarisés ont pu partiellement et par roulement, retourner à l’école, à partir du 12 mai. À compter du 22 juin, deux semaines avant la fermeture des écoles pour les congés d’été, le 4 juillet, le Président de la République a annoncé le retour de l’ensemble des enfants dans les crèches, les écoles et les collèges.

Ceux qui ne pouvaient être accueillis par leur enseignant devaient se voir proposer un ensemble d’activités, le dispositif 2S2C qui signifie Sport, Santé, Culture, Civisme. Ces ateliers, organisés par la municipalité, sont un mode étendu de garderie, ils appartiennent au périscolaire : nous devons rester vigilants et veiller à ce qu’ils ne soient pas pérennisés au titre d’activités scolaires d’apprentissage réduisant l’école à la technique du « lire, écrire, compter ».

L’école et la garderie sont deux moments distincts et complémentaires dans la journée d’un enfant, ils ne peuvent être pris l’un pour l’autre. Les professionnels de la culture et du sport dont les qualités disciplinaires et pédagogiques sont reconnues pourraient être partie prenante des projets d’école : cette école-là reste à construire en concertation avec les acteurs concernés, parents, enseignants et municipalité.

La pandémie a servi de prétexte à priver de leurs droits démocratiques les conseillères et les conseillers municipaux, les électrices et électeurs vincennois ; les parents d’élèves, de leurs droits à participer au fonctionnement des écoles et, d’une manière générale, les citoyens, de leur citoyenneté. On a même entendu le Conseil d’État dire que les manifestations ne pouvaient être interdites en même temps que le gouvernement réprimait celles qui soutenaient les revendications des personnels de santé ! Effectivement, il s’agit d’un curieux début de mandat municipal.

Gageons que cela ne durera pas.

Chantal BALAGNA-RANIN cbalagnaranin@vincennes.fr