Majorité municipale Avec vous pour Vincennes
Ces tribunes n’engagent que leurs auteurs.
MAI 2026
Une rue Hélène-et-Victor-Basch
À Vincennes comme ailleurs, les noms de nos rues racontent une histoire. Ils disent ce que nous choisissons de retenir, ce que nous décidons d’honorer, ce que nous transmettons aux générations qui nous suivent. Mais cette histoire est encore, trop souvent, incomplète. Aujourd’hui, dans notre ville, seules 6 rues sur 141 portent des noms féminins, soit à peine 4,2 %. Ce chiffre, à lui seul, dit beaucoup : il rappelle combien les femmes, malgré leur rôle essentiel dans notre histoire collective, demeurent encore largement invisibilisées dans notre espace public. Pourtant, Vincennes a engagé depuis plusieurs années un travail volontaire pour corriger ce déséquilibre. Les équipements publics récemment inaugurés en témoignent : école Simone-Veil, dojo Lucie-Décosse, espace Régine-et-Pierre-Souweine, crèche Marie-Paradis, gymnase Isabelle-Autissier ou encore skatepark Alice-Milliat. Autant de lieux de vie qui rendent hommage à des parcours inspirants, et contribuent à rééquilibrer notre mémoire collective. C’est dans cette continuité que s’inscrit la démarche adoptée à l’unanimité par le Conseil municipal du 16 avril 2026, visant à faire évoluer certaines dénominations de voies. Car parfois, il ne s’agit pas de créer un nouveau nom, mais simplement de compléter une histoire. C’est le sens de la proposition que nous avons soutenue : associer le prénom d’Hélène à celui de Victor Basch. Victor Basch fut une grande figure intellectuelle et républicaine, ancien président de la Ligue des droits de l’Homme, assassiné par la Milice en janvier 1944 pour ses convictions. Mais à ses côtés, il y avait Hélène Basch. Elle partageait ses engagements, ses combats, ses valeurs. Et comme lui, elle fut assassinée, dans les mêmes circonstances.
Leur destin est indissociable
En choisissant de nommer cette voie « rue Hélène-et-Victor-Basch », nous ne faisons pas qu’ajouter un prénom. Nous réparons une omission. Nous reconnaissons une histoire commune. Nous affirmons que les combats pour la liberté, la justice et les droits fondamentaux ont aussi été portés par des femmes, souvent restées dans l’ombre. Cette démarche n’est pas nouvelle à Vincennes. Nous l’avons déjà engagée par le passé en complétant le nom de la rue Defrance pour y associer Angélique. À chaque fois, il s’agit du même geste : rendre visible ce qui ne l’était pas, redonner toute sa place à une mémoire partagée. Nommer, ce n’est jamais neutre. Nommer, c’est reconnaître. Et reconnaître, c’est transmettre. À l’heure où les enjeux d’égalité entre les femmes et les hommes demeurent pleinement d’actualité, ces décisions concrètes ont du sens. Elles ne relèvent ni du symbole vide, ni de l’effacement du passé, mais d’un enrichissement de notre récit collectif. À Vincennes, nous faisons le choix d’une mémoire fidèle à la réalité de l’Histoire : une mémoire qui n’oublie pas les femmes, une mémoire qui reconnaît les engagements conjoints, une mémoire qui rassemble. Avec la rue Hélène-et-Victor-Basch, nous faisons œuvre de justice et de vérité. Et nous poursuivons, pas à pas, la construction d’un espace public à l’image des valeurs que nous défendons.
Les élus de la majorité municipale Avec vous pour Vincennes