Décembre 2022

On achève bien les fenêtres !

Depuis plusieurs années la ville s’est lancée dans une opération immobilière d’envergure autour du 32-34 Avenue de Paris pour tout à la fois créer des logements (dont 50 % de sociaux), un « hôtel de standing », un parking de 80 places, un complexe de cinéma de 5 salles, un restaurant… Une première déclaration d’utilité publique de ce projet a été annulée par la justice suite au recours de résidents directement concernés. La ville a donc revu à la marge sa copie, et une nouvelle enquête d’utilité publique vient d’avoir lieu.

Soyons clairs, il est indispensable de créer des logements sociaux, la ville doit (et peut) se donner les moyens de rattraper son retard et d’atteindre les 25 % de logements sociaux dictés par la loi. De même, la rénovation du cinéma nous semble indispensable. L’inconfort et la vétusté de certaines salles sont devenus criants et n’incitent sans doute pas le public à retrouver le chemin des salles obscures après 2 ans de crise sanitaire.

Ce que nous contestons dans ce projet d’urbanisme c’est sa démesure et son caractère déjà dépassé. Tout d’abord, contrairement à ce que l’on nous laisse entendre Vincennes n’a pas besoin d’hôtel de standing sur son territoire, ni pour améliorer son attractivité économique (au bénéfice de qui d’ailleurs?) ni en raison d’un supposé déficit de chambres d’hôtel sur notre commune. Il suffit d’ailleurs de faire un tour sur les plateformes de réservation pour vérifier que l’on peut sans difficultés trouver une chambre d’hôtel à proximité du château.

Le projet fait pratiquement table rase du bâti actuel, en construisant de nouveaux immeubles plus hauts, plus proches les uns des autres. Par ailleurs, quels sont les réels besoins de construire un parking d’une capacité importante alors que le parking Marigny tout proche est loin de faire le plein ? Si le cinéma actuel a besoin d’une rénovation complète, pourquoi avoir choisi de reconstruire un mini-multiplex de l’autre côté de l’avenue ?

Comme le dit la présidente du conseil national de l’ordre des architectes « il faut donner la priorité au bâti existant » en privilégiant la réparation, la réhabilitation et en recréant à partir de l’existant.

Les incohérences ne manquent pas dans ce projet, ainsi l’hôtel pour touristes aisés va se retrouver juste au-dessus du futur complexe de cinéma, on imagine déjà les réactions de ces touristes venus chercher le calme dans notre ville. Mais le plus ubuesque se passe de l’autre côté de l’avenue, là où seront les logements : pour construire à la hauteur envisagée la ville compte « exproprier » 2 fenêtres du 36 avenue de Paris, une innovation (juridique) qui fera surement parler d’elle ! Si la ville réussit ce tour de passe-passe, imaginez la jurisprudence que cela pourrait créer dans notre ville et ailleurs.

Bref, nous demandons à nouveau à la municipalité de revoir sa copie, au risque de perdre encore une fois devant les tribunaux…

Top du mois : La suppression de la patinoire provisoire énergivore, ce que nous demandions depuis plusieurs années. Quel dommage d’avoir attendu que la situation soit critique pour que la majorité municipale agisse tout en nous donnant des leçons de sobriété énergétique…

Flop du mois : C'est nouveau ! Les cadenas vélos connectés "Sharelock" sont arrivés à Vincennes. Cet antivol connecté à votre smartphone est fixé sur un seul arceau. Alors qu'avec notre propre cadenas, nous pouvons garer deux vélos sur un seul arceau, désormais avec ce système payant (jusqu'à 10 € par mois), les places de vélos vont diminuer ! Est-il acceptable de restreindre les places de vélo (si recherchées dans notre ville) via un système payant et de privatiser par conséquent l'espace public ?

Nous profitons de cette tribune pour vous remercier de votre soutien tout au long de l’année, par vos questions et alertes. Un grand remerciement également au personnel municipal pour leur disponibilité et leur gentillesse.

A vous toutes et tous, nous vous souhaitons de belles fêtes de fin d’année.

 

Vos 5 élus de Vincennes respire : Christophe Ribet, Muriel Hauchemaille, Quentin Bernier, Annick Le Calvez, Olivier Sester

contact@vincennes-respire.fr