cité industrielle

Cité industrielle

S’il fait partie du paysage vincennois depuis plus de 90 ans, l’imposant bâtiment de la cité Industrielle, rue de la Jarry, a vécu ses derniers mois. Après de longues années de procédure, puis diverses phases préparatoires, sa déconstruction en vue de l’édification d’un établissement scolaire permettant de soulager les effectifs du lycée Hector Berlioz se déroule en 2020 (démolition achevée début décembre 2020).

 

Dans les années 30, un énorme bâtiment de plus de 45 000 m² sortait de terre entre la rue de la Jarry et la rue Defrance avec l’ambition d’être une sorte de cité moderne idéale. Durant plusieurs décennies, artisans et ouvriers y coulèrent des jours paisibles, jusqu’au début des années 90. Faute d’entretien, la cité se vida alors de ses occupants « traditionnels » pour laisser place progressivement à un squat. Peu à peu les locaux se dégradèrent, au point que la Ville prit un arrêté de péril en 2004 tandis qu’en 2005, des sociétés propriétaires furent mises en liquidation judiciaire. Parallèlement, pour faire face à l’engorgement du lycée Hector-Berlioz, le Conseil Régional et l’Éducation nationale exprimèrent dès 2001 leur souhait de créer un nouveau lycée sur ce territoire. Faute de foncier non bâti sur la commune de Vincennes, c’est naturellement le site de la cité industrielle qui fut retenu pour accueillir ce futur équipement.

De longues années de procédure

En 2006, le Conseil municipal de Vincennes sollicitait du Préfet l’ouverture d’une enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique, qui sera effective en juillet 2007. Regroupées en 2009 au sein d’un Syndicat intercommunal (SIVU) en vue de l’acquisition de la parcelle, les communes de Vincennes et Fontenay-sous-Bois durent attendre 2015 pour devenir pleinement propriétaire de la parcelle – pour un montant de 25 millions d’euros – en raison de plusieurs années de recours. Les dernières décisions de justice, rendues au printemps 2017 permirent l’évacuation définitive du site le 20 juillet 2017. Dans la foulée, les accès furent murés et un système de gardiennage mis en place.

Chronologie

(extraits des numéros mensuels du magazine Vincennes Info)

Début décembre 2020 : fin de la démolition

La démolition de la cité industrielle est terminée : le terrain nu doit être livré au premier trimestre 2021.

Juillet 2020 : poursuite des travaux de déconstruction

Les opérations de déconstruction de la Cité se poursuivent, entre la rue de la Jarry et la rue Defrance. Durant le mois de juin, les riverains ont pu assister à la démolition des petits bâtiments situés notamment sur le sud de la parcelle, côté rue Defrance. Les opérations préparatoires de curage et désamiantage se poursuivent sur le bâtiment principal, dont l’écrêtage devrait commencer dès le 8 juillet. L’objectif poursuivi pour la fin de chantier de déconstruction se situe d’ici début 2021; comme dans de nombreux autres chantiers retardés pendant le confinement, et dans le cadre de ce qu’autorise la réglementation en la matière, les travaux se poursuivent depuis le mois de juin y compris le samedi.

Juin 2020 : COVID-19 et ralentissement du chantier

Le confinement a eu des conséquences sensibles sur le chantier de la Cité industrielle, où certaines équipes ont été plus fortement impactées en fonction de la configuration de chaque entreprise participante. Sept semaines d’arrêt, auxquelles s’ajoutent six semaines en fonctionnement « dégradé », conduisent à estimer une fin de chantier pour la fin de l’année, au lieu de l’automne initialement prévu.

Mars 2020 : démolition imminente

Depuis le mois de janvier, les premiers camions s’affairent sur le site de l’ex-Cité industrielle. Les opérations préliminaires relatives aux transformateurs électriques présents sur le site ont en effet commencé en début d’année, tandis que, courant février, ont débuté les installations de chantier : base vie, barrières, pose d’échafaudages avec leurs filets de sécurité… Après 12 années de procédures le Syndicat intercommunal à vocation unique (SIVU) créé par les villes de Vincennes Saint-Mandé et de Fontenay-sous-Bois va donc pouvoir mettre le terrain à la disposition de la Région Île-de-France, qui prendra en charge la construction du futur lycée d’enseignement général de secteur et à sections internationales. Un établissement attendu de manière unanime par l’Éducation nationale, les collectivités concernées et les parents. Le site accueillera également un gymnase de 44 m x 22 m, dont la construction revient à la Ville, et qui accueillera à la fois les scolaires et les associations vincennoises. Enfin, la taille de la parcelle permet également la construction, côté rue Defrance, de logements et notamment de logements sociaux, dans le cadre des objectifs fixés à la Ville par la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU). Après le désencombrement du site, et les différentes phases de diagnostic indispensables pour assurer la déconstruction en toute sécurité, les travaux vont être menés jusqu’au mois de septembre, en commençant par la démolition des plus petits bâtiments situés côté sud, prévus jusqu’à la mi-avril. Parallèlement, les opérations de désamiantage sont menées à bien dans le bâtiment principal où les quantités de ces polluants ne présentent pas de difficultés particulières. L’écrêtage progressif pourra ensuite commencer à partir du mois d’avril, et sera suivie d'une phase de nettoyage des sols. Une réunion d’information a eu lieu dans la perspective de ces travaux fi n février avec l’association des riverains des rues de la Jarry, Defrance et Émile-Dequen, et une information régulière sera faite aux habitants du quartier par courrier.

Janvier 2020 : remplacement des transformateurs électriques

Après 12 années de procédures, le Syndicat intercommunal à vocation unique (SIVU) créé par les villes de Vincennes et de Fontenay-sous-Bois a pu mettre le terrain de l’ancienne cité industrielle à la disposition de la Région Île-de-France. Celle-ci prendra en charge la construction du futur lycée d’enseignement général de secteur et à sections internationales. Un établissement attendu de manière unanime par l’Éducation nationale, les Collectivités concernées et les parents. Après le désencombrement du site, une phase de diagnostic a été menée ces derniers mois préalablement à la déconstruction du bâtiment. Auparavant, une opération préparatoire doit être menée : les deux transformateurs électriques présents au sein de la Cité industrielle vont être supprimés par les services d’Enedis, au profit de l’installation d’un seul. Les interventions nécessaires à cette modification débutent le 6 janvier et l’installation du nouveau transformateur électrique est programmée pour la fin du mois de mars.

Mars 2019 : diagnostics préalables aux travaux

Au printemps 2018, les encombrants laissés sur place furent évacués. Dès lors, les diagnostiqueurs mandatés par la Région pouvaient débuter leur travail. Ces experts poursuivent actuellement leurs diagnostics (amiante, radioactivité, plomb, pollution, structure...). Les prédiagniostics concernant l’amiante et les rapports de levée de doute de radioactivité fournis dans ce cadre sont rassurants. La déconstruction pourra commencer une fois tous ces diagnostics connus et collectés, avec une phase préalable de maîtrise d’œuvre de la déconstruction, l’objectif étant que celle-ci puise être conduite en 2020.

Septembre 2018 : sécurisation des locaux

Le site de la cité industrielle, destiné à accueillir un futur lycée, a fait l’objet au printemps dernier d’une opération d’évacuation des encombrants, avant la phase de diagnostic qui se tiendra jusqu’en septembre par des experts mandatés par la Région. Après de longues années de procédure, la cité industrielle avait été évacuée l’été dernier de ses derniers occupants. Depuis, les locaux ont été murés et les lieux sont gardiennés en permanence pour éviter un retour des squatteurs. En mai et en juin, l’entreprise Colombo, mandatée par la Ville, a procédé à l’évacuation des encombrants laissés sur place. Parmi les objets, beaucoup de mobilier (chaises, tables, meubles), mais également du bois, des carcasses de voitures, des gravats, des matériaux de bâtiments et autres déchets dangereux. Afin de faciliter l’opération d’évacuation, une « sapine » a été installée sur toute la hauteur du bâtiment et les déchets ont été triés directement sur place et évacués dans des bennes. Une benne était dédiée à la ferraille, une autre au bois et une troisième aux déchets inertes bruts. Les déchets dangereux (liquides de nettoyage, huiles de moteur, solvants, peintures…) ont quant à eux été séparés et revalorisés dans un centre de traitement spécialisé. Des camions assurant quatre rotations quotidiennes ont ensuite évacué l’ensemble des encombrants vers un centre de traitement de la société Derichebourg, en vue de leur revalorisation. Le volume d’encombrants évacués s’élève à… plusieurs dizaines de tonnes. Parallèlement à l’évacuation, les lieux ont été sécurisés, avec notamment la mise en place de garde-corps dans les escaliers qui n’en disposaient pas, afin de permettre aux diagnostiqueurs mandatés par la Région d’effectuer leur mission dans des conditions de sécurité optimales. Ces experts ont commencé à travailler au mois de juillet et jusqu’au mois de septembre, sur l’intégralité du bâti de la cité industrielle. Les conclusions de ces diagnostiqueurs sont indispensables en effet pour l’élaboration du calendrier des opérations suivantes : il sera possible de lancer les appels d’offres relatifs aux travaux de déconstruction, qui devraient débuter au 2e semestre 2019.

Juin 2018 : désencombrement du site

L’été 2017, après douze ans de procédure, la Ville a pu, avec le concours de l’État, procéder à l’évacuation définitive de la Cité industrielle. Désormais vide de tout occupant, le bâtiment a été muré et un gardiennage est depuis assuré 24 heures sur 24. La première étape qui vient de commencer a pour objet de débarrasser l’important volume d’encombrants présent dans le bâtiment. Cette opération de traitement a commencé en mai, pour une durée d’environ deux mois, et nécessite la rotation de camions en vue de l’évacuation de ces matériaux en centre de tri pour être valorisés. À l’issue de cette opération, le bâtiment et le terrain vont faire l’objet de diagnostics qui permettront d’établir le calendrier de la déconstruction, attendue pour 2019. Ses conditions exactes dépendront de ces résultats.

Février 2018 : études techniques

Ce sera sans doute moins visible pour les riverains, après l’évacuation du site qui a eu lieu en juillet dernier à l’issue de 12 ans de procédure : mais la déconstruction de la Cité industrielle nécessite, au préalable, d’importantes études techniques sur les modalités des travaux et la dépollution du site. Celles-ci ont été entamées et seront finalisées cette année.

Septembre 2017 : évacuation du squat de la Jarry

Après de longues années de procédures, les locaux de la Cité industrielle située rue de la Jarry et rue Defrance ont été totalement évacués au mois de juillet. Les études inhérentes à la démolition du bâtiment en vue de la construction d’un futur lycée peuvent à présent démarrer… 

Vingt juillet, 6 heures du matin. Une colonne de CRS prend place rue de la Jarry. Les riverains ne tardent pas à comprendre que l’évacuation définitive de la Cité industrielle est sur le point d’avoir lieu. Début juin, déjà, le pavillon situé sur le front de la cité, le long de la rue de la Jarry, et utilisé par les « bikers », avait été entièrement démoli. C’est à présent au tour de la cité elle-même d’être vidée de ses derniers occupants : moins d’une quarantaine de personnes. Petit retour en arrière : dans les années 30, un énorme bâtiment de plus de 45 000 m2 sort de terre entre la rue de la Jarry et la rue Defrance avec l’ambition d’être une sorte de cité moderne idéale. Durant plusieurs décennies, artisans et ouvriers y coulent des jours paisibles, jusqu’au début des années 90.

Faute d’entretien, la cité se vide alors de ses occupants « traditionnels » pour laisser place à un « squat » d’artistes, mais également de marginaux, bien que quelques propriétaires y demeurent. Peu à peu les locaux se dégradent – la Ville doit prendre un arrêté de péril dès 2004 –, et, en 2005, des sociétés propriétaires sont mises en liquidation judiciaire. Parallèlement, pour faire face à l’engorgement du lycée Hector-Berlioz, le Conseil Régional et l’Éducation nationale expriment dès 2001 leur souhait de créer un nouveau lycée sur ce territoire. Faute de foncier non bâti sur la commune de Vincennes, c’est naturellement le site de la cité industrielle qui est retenu pour accueillir ce futur équipement. En 2006, le Conseil municipal de Vincennes sollicite du Préfet l’ouverture d’une enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique, qui sera déclarée en juillet 2007.

En 2009, les communes de Vincennes et Fontenay-sous-Bois se regroupent au sein d’un Syndicat intercommunal (SIVU) en vue de l’acquisition de la parcelle et la même année, un arrêté de cessibilité est signé par le Préfet. La fixation des indemnités donne lieu à plusieurs années de recours et ce n’est qu’à l’été 2015 que le SIVU est devenu pleinement propriétaire de la parcelle pour un montant de 25 millions d’euros. Pour autant, la cité est encore occupée, et c’est donc la phase d’expulsion qui commence. Si les artistes et artisans ont déjà évacué pour la plupart, des squatters continuent d’y résider illégalement, alors que le lieu n’a pas vocation à être habité. Une étude sociale a été menée pour identifier les situations et proposer des solutions de relogement aux familles qui remplissaient certains critères fixés par l’État, en étroite collaboration entre la Ville et la Direction Régionale et interdépartementale de l’Hébergement et du Logement. Toutes les familles recensées ont quitté les lieux à l’issue de ce travail. Reste alors un public plus sensible et générant de fortes nuisances pour le voisinage (free parties, trafics…). Les dernières décisions de justice ont été rendues au printemps et, après une période de quelques semaines destinées à favoriser les départs volontaires, il était devenu possible de procéder à l’évacuation du site, réalisée dans le calme avec le concours de la force publique, accordé par le Préfet, ce 20 juillet. Dans la foulée, les accès ont été murés et le bâtiment restera bien sûr gardienné d’ici sa démolition.

« Ce travail de longue haleine effectué depuis plus de douze ans a été fait avec un seul objectif : l’intérêt général, symbolisé avec force par le futur lycée qui apportera de meilleures conditions de scolarité aux élèves de Vincennes, Fontenay-sous-Bois et Saint-Mandé. Notre volontarisme et le soutien que nous ont apporté l’État et les autres collectivités nous ont permis, tout en portant une attention soutenue à des situations sociales délicates, de mettre fin à l’aberration juridique et urbaine que constituait ce vaste bâtiment dégradé, squatté et promis malheureusement, sans intervention des pouvoirs publics, à une ruine certaine. » précise Laurent Lafon. Des dispositions particulières vont être prises en raison de la nature des lieux, la cité industrielle ayant en effet accueilli des activités chimiques et photographiques nécessitant le recours à des produits dangereux. Les études porteront également sur la composition des murs, l’état des sols et la structure exacte du bâtiment. S’il est encore trop tôt pour donner un calendrier précis, il est en revanche aujourd’hui possible d’affirmer que le lycée d’enseignement général verra bel et bien le jour sur ce site.