Une pierre à l’édifice de la sauvegarde du patrimoine vincennois

Soutenir la restauration des biens de caractère qui ne sont pas classés monuments historiques : telle est l’ambition affichée par Vincennes et la Fondation du patrimoine. Explications.

Douze dossiers portés par des propriétaires privés dont trois à Vincennes ont été accompagnés dans le Val-de-Marne depuis 2002 pour un total de 1 729 601 € de travaux labellisés.

Linteaux sculptés, corniches, hauts-reliefs, frises décoratives…, Vincennes regorge de trésors architecturaux qui font son identité, son charme et sa renommée. De précieuses empreintes du passé souvent non protégées au titre des monuments historiques, qui ont pourtant un intérêt patrimonial incontestable.

Afin de les identifier et de les sauvegarder autant que possible, la Fondation du patrimoine œuvre partout en France, en milieu rural comme en zone urbaine.

Nous accompagnons les propriétaires publics et privés dans le financement et la réalisation de projets de restauration architectural, explique Patrick Gausserès, chargé de mission à la délégation Île-de-France de la Fondation du patrimoine.

Une mission noble et un enjeu crucial qui ont conduit Vincennes à signer en 2016 un partenariat pour la mise en œuvre d’un label, la commune devenant ainsi la deuxième ville d’Île-de-France, après Sceaux, à s’engager dans la démarche. Toutes les copropriétés qui se trouvent sur le secteur reconnu "site patrimonial remarquable" de Vincennes peuvent prétendre à ce label, autrement dit les édifices des quartiers anciens qui entourent le château (ex-AVAP, Aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine).

À la clé ? Une déduction fiscale de 50 % du montant des travaux ainsi qu’une subvention à hauteur de 1 % du budget de restauration, intégralement prise en charge par la Ville (jusqu’à 5 000 € par an) .

Et pas seulement. À côté des avantages financiers, l’accompagnement de la Fondation du patrimoine présente un atout de taille auquel on ne pense pas immédiatement : 

Les programmes de restauration sont systématiquement validés par un architecte des Bâtiments de France, souligne Florence Lemaire, déléguée bénévole de la Fondation du patrimoine pour le Val-de-Marne. C’est la garantie de travaux de qualité  qui valoriseront à coup sûr le bien.

Façade, huisseries, couverture, charpente…, l’intégralité des travaux prévus est examinée à la loupe avant que la Fondation ne donne son feu vert.

Les architectes des Bâtiments de France nous ont fait des recommandations pertinentes au niveau tant de l’esthétique que de l’architecture même du bâti , se souvient Christophe Peillon, copropriétaire du 36, avenue des Minimes, immeuble de caractère construit en 1893 et rénové en 2014 avec le soutien de la Fondation du patrimoine. Ils nous ont notamment conseillé des peintures dont la composition garantit une plus grande durabilité. Ils ont été très vigilants, ont posé beaucoup de questions, et suite à leurs conseils nous avons modifié le cahier des charges technique.

 Les critères d’obtention du label ? Ils sont au nombre de trois :

  • le bien doit se situer dans le périmètre "site patrimonial remarquable"
  • il doit avoir conservé ses caractéristiques patrimoniales
  • il faut également que les rénovations envisagées répondent à certaines exigences de qualité.

Attention : les travaux ne doivent surtout pas démarrer avant l’octroi du label. Celui-ci est valable cinq ans, ce qui laisse largement le temps de mettre en œuvre le programme de restauration.
Un dispositif prometteur au service des générations futures, afin qu’elles puissent à leur tour s’extasier sur la beauté des façades et le savoir-faire d’antan !

Fondation du patrimoine
Florence Lemaire, déléguée départementale pour le Val-de-Marne - 06 84 77 25 25 ou lemaireflorence@outlook.com