Nouveaux engins de mobilité : Vincennes adopte des mesures fortes

Afin d’assurer un meilleur encadrement réglementaire de la circulation et du stationnement des nouveaux engins de mobilité, le maire de Vincennes a pris un arrêté municipal destiné aux utilisateurs et le Conseil municipal a voté une charte à destination des opérateurs de trottinettes électriques en libre-service.

Trottinettes électriques, hoverboards, monoroues… les engins de déplacements personnels motorisés (EDPM) connaissent une croissance spectaculaire, au point que l’État, dans le cadre de la loi mobilités, doit prochainement voter des mesures spécifiques à ces nouveaux modes de circulation.
Des mesures attendues alors qu’un certain flou administratif règne concernant ces engins, ce qui pose de multiples questions : statut de ces véhicules, vitesse autorisée, conciliation avec les modes de déplacement traditionnels...
«Les trottinettes sans moteur sont aujourd’hui considérées par le Code de la route comme des piétons et doivent rouler sur le trottoir - en théorie sans dépasser les 6 km/h. Les trottinettes électriques sont pour leur part interdites sur les voies publiques, aussi bien sur les trottoirs que sur les pistes cyclables ou les voies de circulation, mais cette interdiction n’a pas de sanction, en dehors des comportements dangereux. Une tolérance sur les pistes cyclables s’est installée, mais la vitesse n’est pas censée y excéder les 25 km/h – au-delà, il faut une immatriculation !» explique Christophe Boissière, adjoint chargé du cadre de vie, de la propreté et des déplacements.

 

LES TROTTINETTES ÉLECTRIQUES INTERDITES SUR LES TROTTOIRS

Si ces EDPM présentent de réels avantages en termes de praticité pour leurs utilisateurs, il convient que leur usage ne nuise pas aux autres usagers de la voie publique.
Afin de définir un cadre réglementaire adapté, le maire de Vincennes a donc pris un arrêté, entré en vigueur au mois de juin. L’usage actuel constaté de ces engins sur les trottoirs et sur les voiries peut à l’évidence représenter un danger pour leurs utilisateurs et pour les autres usagers des trottoirs et de la voirie (vitesse des engins, utilisation à plusieurs personnes…) et provoque régulièrement des conflits entre usagers de l’espace public.
Cet arrêté stipule donc que la circulation des EDPM est interdite sur les trottoirs à l’exception des engins spécifiquement adaptés aux déplacements des personnes à mobilité réduite ou handicapées, que leur circulation est autorisée sur les aires piétonnes à la condition de conserver l’allure du pas et de ne pas occasionner de gêne aux piétons et que leur stationnement est autorisé sur les emplacements dédiés aux deux-roues.
La violation des dispositions prévues par cet arrêté expose à une amende de 135 €.
Autre problématique, celle des trottinettes électriques en libre-service, dont le stationnement anarchique entre deux locations crée des gênes avérées pour les piétons, et notamment les personnes malvoyantes et les personnes à mobilité réduite. Une situation d’autant plus étonnante qu’aucune autorisation d’exploitation sur la ville n’a jusqu’ici été donnée aux sociétés concernées ! La Ville a donc établi une charte à destination des gestionnaires de ce type de véhicules, qui a été soumise au vote du Conseil municipal ce 26 juin. Cette charte pose les règles indispensables
pour encadrer ces réalités nouvelles.

 

«UN PARTAGE RAISONNÉ DE L’ESPACE PUBLIC»

Parmi les principales mesures de cette charte : une information délivrée par les opérateurs quant à la réglementation relative à la circulation et au stationnement des trottinettes électriques, la garantie de fournir du matériel de qualité, la mise en place d’un service de maintenance et de régulation, la tenue de réunions régulières avec la Ville et l’inscription dans une démarche solidaire et durable.
«Notre souhait, en lien avec d’autres villes du Territoire auxquelles nous avons proposé de travailler en ce sens, est, comme également souhaité par Paris, que ces véhicules ne puissent stationner que sur des aires dédiées, et moyennant un forfait pour les opérateurs. Le partage raisonné d’un espace public déjà contraint n’est possible que s’il est régulé, dans l’intérêt de tous», conclut le maire Charlotte Libert-Albanel.