À vélo comme une Vincennoise - En bici como una vincennoise

À mon arrivée à Vincennes, la première chose que j’ai faite a été d’emprunter à un ami son vélo. Je n’avais jamais eu l’occasion de rester ici toute une saison, aussi n’avais-je pas parcouru la ville à bicyclette et, à mon sens, il n’est de meilleure façon de découvrir un quartier qu’en pédalant dans ses rues.

Je peux dire à présent, sans le moindre doute, que Vincennes ne doit pas au hasard d’avoir reçu du ministère de la Culture et de la Communication le titre de "Ville d’art et d’histoire", car c’est un petit bijou.

Je sors de chez moi sans but précis et je me perds dans ses rues. J’en découvre l’architecture : des bâtiments art déco, des quartiers de petits pavillons, d’élégantes constructions de brique. J’ai toujours été impressionnée par l’histoire de Jules Védrines, cet aviateur qui avait atterri sur le toit des Galeries Lafayette à Paris, le premier homme à se poser sur le toit d’un bâtiment, et il se trouve que cet homme a vécu à Vincennes : tandis que je me promenais à vélo rue Daumesnil, je suis tombée par hasard sur la plaque qui signalait sa maison. Toujours en pédalant, je découvre le lycée Berlioz, dont le nom retient mon attention, et peu après je découvre que ce musicien également a vécu ici. Je tourne pour m’engager dans le quartier où Charles Pathé a fondé, avec son frère, la maison de production qui, des années durant, a dominé le marché mondial du cinéma. Avant Hollywood, il y a eu Vincennes. Impossible de fermer les yeux – je suis à vélo – mais j’imagine ce microcosme, les studios, les ateliers de fabrication des films, le mouvement.

À la sortie de ce quartier, une rue me conduit jusqu’au célèbre donjon, la tour principale du vieux château de Vincennes. Tout le château me semble une maquette construite pour qu’on joue à imaginer son histoire : je vois le pavillon de chasse, la résidence royale, la fabrique de porcelaine, d’armes, la prison. Je découvre que, parmi les personnes célèbres liées à l’histoire du château, le marquis de Sade y fut prisonnier, et qu’au XXe siècle l’espionne et séductrice Mata Hari y mourut fusillée.

Derrière le château s’ouvre un bois dont les arbres, à présent que l’automne est arrivé, déclinent l’admirable beauté de leurs nuances : rouges, jaunes, ocres, verts. On les croirait presque peints. Je conserve un plan dans ma poche et, lorsque je ne sais plus où je suis, je m’arrête, je respire puis essaie de retrouver ma position. Je parcours les routes, les chemins et les petits sentiers, je traverse des ponts minuscules au-dessus des ruisseaux, je croise des cavaliers, j’arrive au lac Daumesnil, j’en explore les îles, je pédale encore et toujours. La première fois que j’allai au bois, je remarquai un grand portail où était écrit "Cartoucherie". J’appris plus tard que, longtemps auparavant, ce lieu avait été une fabrique de poudre, et qu’en 1970 le Théâtre du Soleil découvrit ces anciennes installations et commença à y travailler, et qu’aujourd’hui la Cartoucherie est un autre microcosme, en l’occurrence théâtral, où fonctionnent cinq établissements qui, comme dans les contes de fées, nous font vivre des histoires au cœur d’un bois. Châteaux, rois, producteurs de films, aviateurs, mousquetaires, prisons, musiciens, pour pénétrer l’histoire de cette ville, il faut plus d’une promenade à vélo.

Traduction : Thomas Steinmetz

Texto en español

En bici como una vincennoise
Karla Suárez

Lo primero que hice cuanto llegué a Vincennes fue pedirle prestada la bici a un amigo. Nunca antes había tenido la posibilidad de pasar una temporada aquí, por tanto no había recorrido la ciudad en bicicleta y, para mí, no hay mejor forma de conocer un sitio que pedaleando por sus calles. A esta altura del tiempo, sé perfectamente que no es casual que Vincennes tenga el título de “Ciudad de arte e historia” dado por el Ministerio de Cultura y Comunicación, porque esta ciudad es una pequeña joya.

Salgo de casa sin rumbo fijo y me pierdo en sus calles. Descubro la arquitectura: edificios Art-deco, barrios de casitas individuales, elegantes construcciones en ladrillos. Siempre me impresionó la historia de Jules Védrines, el aviador que aterrizó sobre el techo de las Galerías Lafayettes de Paris convirtiéndose en el primero que lo hacía sobre un edificio y resulta que este hombre vivió en Vincennes: yendo en bici por la rue Daumesnil me he topado con la placa que señala cuál era su casa. Pedaleando encuentro el Liceo Berlioz, me llama la atención su nombre y más tarde descubro que el músico también vivió aquí. Doy un giro y me interno en el barrio donde Charles Pathé fundó, junto a su hermano, la compañía cinematográfica Pathé Fréres que durante mucho tiempo dominó el mercado del cine en todo el mundo. Antes de Hollywood, existió Vincennes. No puedo cerrar los ojos, porque voy en bici, pero imagino el micromundo, los estudios, los centros de fabricación de películas, el movimiento.

Saliendo del barrio, una calle me lleva frente al mismísimo Donjon, la torre principal del viejo castillo de Vincennes. Todo el castillo me parece una maqueta construida para que uno pueda jugar a imaginar su historia: veo el refugio de caza, la residencia de reyes, la fábrica de porcelana, de armas y la prisión. Entre los personajes famosos que están ligados a su historia descubro que, dentro de estos muros, el Marqués de Sade estuvo preso y que, ya entrado el siglo XX, la seductora espía Mata Hari, murió fusilada.

Detrás del castillo se abre el bosque que ahora en otoño es más que hermoso con las diferentes tonalidades de colores que toman sus árboles: rojos, amarillos, ocres, verdes. Casi parecen pintados. Yo llevo un mapa en mi bolsillo y cuando no sé dónde estoy, me detengo, respiro y trato de encontrar mi posición. Transito por calles, caminos o pequeños senderos, atravieso puentecillos encima de los riachuelos, me cruzo con varios jinetes a caballo, llego al lago de Daumesnil, recorro sus islas, sigo pedaleando. La primera vez que estuve en el bosque, me llamó la atención el gran portón que decía Cartoucherie. Luego supe que hace mucho tiempo ese sitio fue una fábrica de pólvora, que en 1970 el Théâtre du Soleil encontró sus viejas instalaciones y allí empezó a trabajar y que hoy la Cartoucherie es otro micromundo, en este caso teatral, donde funcionan cinco teatros que, como en los cuentos de hadas, nos hacen vivir historias en el corazón de un bosque. Castillos, reyes, productores de cine, aviadores, mosqueteros, cárceles, músicos, para conocer la historia de esta villa hace falta más de un viaje en bicicleta.

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