Callan Wink, chronique d'octobre 2017 : In search of routine

À lz recherche de routines

Toutes ces dernières années, j’ai été un écrivain saisonnier. L’été, je suis guide de pêche à la mouche sur les rivières près de chez moi, au Montana. Les journées sont longues, et quand je quitte l’eau, j’ai tendance à n’aspirer à pas grand-chose d’autre qu’à manger, à boire une bière, et à aller au lit. C’est l’hiver que j’écris. À ce moment-là, dans les Rocheuses, les journées sont courtes et froides, le vent souffle et la neige s’accumule. C’est facile de se créer de petites habitudes : le matin café, petit déjeuner, quelques heures à écrire, et une grande balade le long de la rivière ; l’après-midi, peut-être un peu de relecture et de corrections, puis un ou deux verres avec mes amis au bar du coin. Jour après jour, si je m’en tiens à peu près à ce schéma, les pages se mettent lentement à s’accumuler.

J’ignore si d’autres écrivains réagissent comme moi, mais instaurer des habitudes est indispensable à ma façon de procéder, et mes premières journées à Vincennes ont été largement consacrées à établir un schéma quotidien, afin que je me crée un rythme pour écrire. Ma première impression de Vincennes est que c’est un endroit qui se prête bien à l’établissement de routines. Le rugissement – plutôt surprenant – des enfants à leurs jeux me réveille presque toujours à la même heure tous les matins. Je me prépare un café, j’écris quelque temps, puis je pars courir le long des chemins dans le Bois. La course est un élément essentiel à mon processus d’écriture : je cours et je pense aux problèmes qui peuvent se poser dans le cours du projet quel qu’il soit auquel je travaille, et c’est souvent à ce moment-là que les idées viennent.

L’après-midi je fais des corrections, ou je lis, et puis je me rends peut-être au café Le Marigny pour y boire un café ou une bière. J’aime beaucoup la culture du bistrot qui semble régner à Paris et on a l’impression d’être dans une sorte de bulle, assis là, dans ce genre d’endroit public, entouré de gens qui parlent une langue qu’on ne connaît pas et qu’on ne comprend pas. Une si grande part de mon écriture consiste à m’enfoncer en moi-même, à éviter les distractions qui me ramènent dans le monde extérieur à ce que je raconte. Bien que cela fasse peu de temps, et que j’aie l’impression d’être à peine arrivé en France, je crois que je serai productif ici. J’attends avec impatience de voir comment mes routines se développeront et se modifieront au fur et à mesure que je me familiariserai avec mon environnement.

Traduction : Dominique Chevallier

English text

In search of routine

For the last several years I’ve been a seasonal writer. In the summer I’m a fly fishing guide on the rivers near my home in Montana. My days are long and when I get off the water I have a tendency want not much more than dinner and a beer and bed. The winters are when I write. This time of year in the Rocky Mountains the days are short and cold, the wind blows and the snow piles up. It’s easy to get in a routine: coffee in the morning, breakfast, a few hours writing, and long walk a long walk along the river, maybe some editing in the afternoon, a few drinks with my friends at my local bar. Day after and a loose adherence to this routine and slowly the pages start to add up.

I’m not sure if other writers feel this way but establishing a routine is essential to my process and, my first days in Vincennes have largely been devoted to creating a pattern for my days so that I can find a writing rhythm. My initial impression of Vincennes is that it is a place that lends itself well to the creation of routine. The rather surprising roar of children at play wakes me at nearly the same time every morning. I make coffee, I write for a while, and then I go for a run on the trails in the Wood. Running is essential to my writing process, I run and I think about problems I’m having with whatever project I’m working on, and often this is when the ideas come. In the afternoon I edit or read and then maybe I go to the Café Margny for a coffee or a beer. I enjoy the café culture that seems to thrive in Paris and it is a somewhat insulating feeling to sit in a public place like this and be surrounded by people using a language you don’t speak or understand.

So much of writing for me is sinking into myself, avoiding distractions that draw me back into the world outside my story.  Although it’s early and I still feel that I’ve only just arrived in France, I think that I will be productive here. I look forward to seeing how my routine develops and changes as I grow more familiar with my surroundings.

 

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