La cité industrielle de la Jarry laisse place au futur lycée

Bâtiment dégradé qui avait perdu sa vocation depuis de nombreuses années, la "Cité industrielle" a vu ses derniers occupants quitter les lieux ce jeudi 20 juillet. Le projet d’édification du lycée extrêmement attendu sur cette parcelle va désormais pouvoir avancer.

Afin de désengorger le lycée Hector-Berlioz, la ville de Vincennes se mobilise depuis de nombreuses années pour la construction d’un nouveau lycée à l’est de la commune.

Faute de foncier non bâti à Vincennes, la parcelle abritant l’ancienne Cité industrielle, entre les rues Defrance et de la Jarry, s’est rapidement imposée : vétuste et source de nuisances, ce bâtiment de 46.000 m² sur 6 étages datant des années 1930 a depuis longtemps perdu sa vocation initiale.

12 ans de procédure en raison d’une situation juridique particulièrement complexe

  • Au début des années 2000, le bâtiment compte quatre copropriétaires parmi lesquels deux SCI (sociétés civiles immobilières), dont l’une est alors placée en liquidation judiciaire. À l’intérieur de la Cité, 200 à 300 personnes travaillent et vivent : à l’origine des occupants réguliers, mais surtout d’autres personnes entrées souvent sans droit ni titre.
  • Dès janvier 2004, la Cité industrielle fait l’objet d’un arrêté de péril, sa dégradation présentant un risque pour la sécurité publique.
  • L’acquisition par la ville a été déclarée d’utilité publique en 2007 .
  • En 2009, le Syndicat Intercommunal à Vocation unique (SIVU) a été créé par les villes de Vincennes et de Fontenay-sous-Bois afin de devenir propriétaire de la parcelle et édifier un lycée nécessaire
  • pour les deux communes.
  • En janvier 2010, une ordonnance de transfert de propriété a été rendue par le juge des expropriations du Tribunal de grande instance (TGI) de Créteil. Légalement, le SIVU est donc propriétaire des lieux, mais aux termes du Code de l’expropriation, les copropriétaires sont laissés en possession le temps que leurs indemnités soient fixées par le juge d’expropriation.

Du fait des différents recours, c’est finalement à l’été 2015 que le SIVU est devenu propriétaire du site.

L’accompagnement et le relogement des occupants

Le site est alors toujours occupé : si les professionnels qui y avaient un titre ont été indemnisés et sont partis, des personnes continuaient à y travailler ou à y habiter en toute illégalité, le bâtiment n’ayant pas vocation à avoir usage d’habitation.

Qui plus est, depuis plusieurs décennies, sa situation complexe en termes de propriété conduit à une lente dégradation et il présente de vrais risques pour ses occupants. La Cité industrielle n’avait donc plus rien d’un squat artistique, et servait surtout de lieu de repli à des marchands de sommeil.

Une étude sociale a été menée pour identifier les situations et proposer des solutions de relogement aux familles qui remplissaient certains critères fixés par l’État. Les villes de Vincennes et de Fontenay-sous-Bois ont à cet effet travaillé en étroite collaboration avec les services de la DRIHL (Direction Régionale et interdépartementale de l’Hébergement et du Logement).

Toutes les familles recensées ont quitté les lieux à l’issue de ce travail.

Quant aux squatters encore présents dans la cité, des procédures d’expulsion ont été engagées. Les dernières décisions de justice ont été rendues au printemps et, après une période de quelques
semaines destinées à favoriser le départ volontaire de la plupart des occupants, il était devenu possible de procéder à l’évacuation du site, réalisée avec le concours de la force publique ce 20 juillet.

Seule une poignée d’occupants restaient sur place. Le travail social effectué en amont et la collaboration étroite entre services municipaux et services de l’État ont ainsi permis de mettre fin à ce qui était autrefois le plus grand squat d’Île-de-France dans les meilleures conditions possibles

Un projet d’intérêt général : l’édification d’un lycée

L’acquisition du terrain et du bâtiment de la Cité industrielle coûte 25 millions d’euros au SIVU. Les dépenses seront réparties entre les villes de Vincennes et Fontenay-sous-Bois, avec également l’appui financier de Saint-Mandé.

Malgré son architecture emblématique, l’état de dégradation du bâtiment ne rend pas envisageable une réhabilitation. Sa structure n’est de plus pas compatible avec les besoins d’un lycée, et son passé industriel complexe ne permet pas de la conserver en l’état ni sans risque.

C’est donc la phase des études préalables à la démolition et à la dépollution du site qui s’ouvre aujourd’hui.

Le SIVU va désormais pouvoir mettre ce terrain à la disposition de la région qui prendra en charge la construction du futur lycée d’enseignement général où seront scolarisés environ 800 élèves, un établissement attendu de manière unanime par l’éducation nationale, les collectivités concernées et les parents.

Ce travail de longue haleine que nous avons effectué depuis plus de 12 ans a été fait avec un seul objectif : l’intérêt général, symbolisé avec force par le futur lycée qui apportera de meilleures conditions de scolarité aux élèves de Vincennes, Fontenay-sou-Bois et Saint-Mandé. Notre volontarisme et le soutien que nous ont apporté les services de l’État et les autres collectivités nous ont permis, tout en portant une attention soutenue à des situations sociales délicates, de mettre fin à l’aberration juridique et urbaine que constituait ce vaste bâtiment dégradé, squatté et promis mallheureusement, sans intervention des pouvoirs publics, à une ruine certaine. explique Laurent Lafon maire de Vincennes, conseiller régional d’ Île-de-France.

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Commentaire(s)

............!
L'argent !
Monsieur Lafond aime l'argent ! Et ce à n'importe quel prix !

Oli Olu :

le 29-07-2017 à 17:06:50
Pauvres Vincennois !
Chers Vincennois,
Vous allez perdre un bâtiment historique de votre commune. Jean Nouvel avait proposé un projet de réhabilitation mais qui a été refusé par votre mairie. Ce projet était moins coûteux que la seule destruction du bâtiment et vous aurait évité une pollution importante que vous devrez subir lorsque celui-ci sera détruit. Et bien sûr, vous devrez payer plus cher bien que les fontenaysiens devront sans doute y mettre du leur. Bref, pauvres Vincennois.

Michelet :

le 29-07-2017 à 16:41:37
Manipulation
Truffé d'inexactitudes et de manipulation pour continuer de faire passer les habitants de la Jarry pour ce qu'ils ne sont pas.
Les marchands de sommeil très connus de la Mairie étaient peut-être 4 ou 5, pas plus!
Les habitants ont entretenu comme ils ont pu le bâtiment, ils ont désamianté à leurs frais,
Garanti pendant 12 ans des conditions de sécurité honorables!
Nous sommes restés tant qu'aucun juge n'a prononcé l'expulsion de ceux qui étaient légalement résidents. Et 280 personnes sur 300 sont parties sans piper mot quand l'expulsion a été prononcée. Les 20 derniers ont quitté les lieux en douceur quand l'expulsion a eu lieu.
L'enquête sociale concerne 12 familles sur 300 habitants et le relogement concerne peut-être 3 familles dont au moins une même pas par la Mairie de Vincennes... c'est scandaleux la manière dont Vincennes s'est lavée les mains, du relogement des personnes, légalement ou illégalement résidentes; honteux la manière dont elle prétend récupérer les honneurs d'un départ qui s'est fait si tranquillement uniquement du fait que la TRÈS large majorité d'entre nous sont des artistes ou artisans qui, s'ils ont pu et su vivre dans un milieu alternatif, n'ont pour autant aucune prétention à l'illégalité.
Je suis outrée par la manipulation médiatique de cet article, outrée par la manipulation politique. On récolte ce que l'on sème, nous allons vivre de nouvelles aventures et développer notre art ailleurs, je souhaite à titre personnel que chaque opérateur au nom de la Ville et son maire en particulier fassent les comptes avec leur conscience. Car s'ils ne le diront jamais, ils savent ce qu'ils ont fait et ce qu'ils n'ont pas fait.
Ils savent dans quelles difficulté ils ont abandonné les familles et certains marginaux qui avaient trouvé refuge chez nous au lieu des rues Vincennes.
Honteux. Juste honteux!

Lombardi Celine :

le 29-07-2017 à 16:18:07
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